En tant que père d’un enfant IMC 100% né le 06/11/1975 et mort le 27/05/1988, je cherche un site où je pourrais un peu raconter l’histoire de Frédéric, notre fils aîné, notre histoire à nous, parents, et (je n’oublie pas) de son frère qui Dieu merci est toujours bien portant . Car même si sa mort est ancienne, nous avons tous été marqué pour notre vie toute entière.
Si mon témoignage peut vous intéresser, merci.
Je suis obligé de raccourcir énormément l’histoire de Frédéric, notre fils aîné, sinon il me faudrait finir le livre que je n’ai jamais réussi à écrire sur sa vie.
Frédéric est né le 06/11/1975 à l’hôpital de Bourgoin dans l’Isère. L’accouchement s’était très bien passé, et il avait même un 10 sur 10 aux tests d’Apgar. Mais 2 ou 3 jours après sa naissance, sont visage devenait bleu, cyanosé. Le Docteur qui s’occupait de lui, a tout de suite soupçonné un problème cardiaque, et quelques jours après sa naissance, Frédéric était transféré à l’Hôpital Cardiologique près de Lyon, pour une TGV (transposition des gros vaisseaux appelée aussi maladie bleue). Son sang ne s’oxygénait pas. L’opération qui consistait à pratiquer une ouverture entre le cœur gauche et le cœur droit, était pratiquement terminée quand la première erreur, qui allait déclencher toute une avalanche de problèmes, a été faite : le nerf phrénique de Frédéric avait été touché.
Il fut transféré à l’Hôpital Edouard Herriot où il subit une 2ème opération consistant à lui fixer le diaphragme. Opération qui s’est parfaitement déroulée. Mais, alors qu’il se trouvait en salle de réanimation, un « incident technique », c’est ainsi que l’interne de service me l’a expliqué, a fait que Frédéric s’est retrouvé sans oxygène pendant X minutes. Il a donc été réanimé et c’est à partir de là qu’a commencé l’infirmité motrice d’origine cérébrale de Frédéric. Et à partir de ce moment, il n’a plus été question, pour les médecins de pratiquer l’opération qui aurait corrigé sa malformation cardiaque. Son état cérébral faisait qu’il était inopérable.
Nous l’avons eu longtemps avec nous, avec visites fréquentes chez tous les spécialistes nécessaires à son état et au nôtre, (cardiologues, psychologues, kinés, neurologues, etc.…) mais après la naissance de son frère Sébastien en Septembre 1977, nous avons été obligés de le placer dans un centre spécialisé pour les enfants atteints de différents problèmes de santé, pour les week-end.
Mon épouse, qui s’occupait pratiquement à temps plein de Frédéric, a eu des périodes très difficiles et a fait plusieurs dépressions nerveuses.
Avec le temps, plus Frédéric grandissait, plus son infirmité devenait évidente. Il n’a jamais marché, jamais parlé, il n’a jamais été maître de ses mouvements. Il fallait le faire manger, boire, le stimuler….
Mais Frédéric savait très bien exprimer tous les sentiments, la joie, la tristesse, la colère, etc.…et il aimait une chose par-dessus-tout : la musique. Cà le ravissait. Il aimait aussi qu’on lui raconte des histoires, regarder la télévision et bien d’autres choses.
Je ne peux pas tout vous raconter, car lorsque je me replonge dans ce temps, même aujourd’hui ça me remue. J’ai déjà essayé de raconter son histoire, d’en donner une idée à beaucoup de gens, des médecins, des membres de nos familles, de nos amis, mais j’ai toujours l’impression que je ne pourrais jamais faire comprendre ce que cette vie a été pour nous qui vivions le plus près possible de lui, et qui n’avons fait que ce que nous avons pu. Toujours est-il que plus il grandissait, plus il s’affaiblissait, plus il attrapait les différents virus, les différents microbes. A la fin de sa vie, il était pratiquement sous antibiotiques en permanence. Et c’est après plusieurs épisodes de fibrillation cardiaques que Frédéric est parti.
Il repose au cimetière de Bourgoin-Jallieu.
Je suis le fils de Robert FORET et le frère de Frédéric FORET.
J’ai l’immense douleur de vous faire part du décès de mon papa le 26 août dernier à Pierre Bénite (Rhône). Il avait 63 ans.
Il avait été l’auteur en novembre 2010 de ce récit poignant que je viens de retrouver par hasard en faisant des recherches.
Il est mort des suites de ce que l’on appelle une “fausse route”. Il était à la clinique de Champvert à Lyon 5ème pour une dépression sévère, il avait petit à petit perdu goût à la vie, même son petit fils Julien âgé de 9 mois aujourd’hui n’éveillait presque plus aucun intérêt pour lui. Il n’a jamais accepté ce qui s’est passé et encore moins fait le deuil de son fils Frédéric, le pouvait-il d’ailleurs ?
Lui qui avait déjà perdu son père à l’âge de 14 ans (suicide) et sa sœur dans les mêmes circonstances n’a jamais pu se projeter dans l’avenir, trop marqué qu’il était par le passé.
Il a été enterré le mardi 30 août à Bourgoin Jallieu avec son fils Frédéric, telle était sa volonté.
Repose en paix Papa
1 noviembre, 2010 - 18:32
En tant que père d’un enfant IMC 100% né le 06/11/1975 et mort le 27/05/1988, je cherche un site où je pourrais un peu raconter l’histoire de Frédéric, notre fils aîné, notre histoire à nous, parents, et (je n’oublie pas) de son frère qui Dieu merci est toujours bien portant . Car même si sa mort est ancienne, nous avons tous été marqué pour notre vie toute entière.
Si mon témoignage peut vous intéresser, merci.
2 noviembre, 2010 - 18:54
Je suis obligé de raccourcir énormément l’histoire de Frédéric, notre fils aîné, sinon il me faudrait finir le livre que je n’ai jamais réussi à écrire sur sa vie.
Frédéric est né le 06/11/1975 à l’hôpital de Bourgoin dans l’Isère. L’accouchement s’était très bien passé, et il avait même un 10 sur 10 aux tests d’Apgar. Mais 2 ou 3 jours après sa naissance, sont visage devenait bleu, cyanosé. Le Docteur qui s’occupait de lui, a tout de suite soupçonné un problème cardiaque, et quelques jours après sa naissance, Frédéric était transféré à l’Hôpital Cardiologique près de Lyon, pour une TGV (transposition des gros vaisseaux appelée aussi maladie bleue). Son sang ne s’oxygénait pas. L’opération qui consistait à pratiquer une ouverture entre le cœur gauche et le cœur droit, était pratiquement terminée quand la première erreur, qui allait déclencher toute une avalanche de problèmes, a été faite : le nerf phrénique de Frédéric avait été touché.
Il fut transféré à l’Hôpital Edouard Herriot où il subit une 2ème opération consistant à lui fixer le diaphragme. Opération qui s’est parfaitement déroulée. Mais, alors qu’il se trouvait en salle de réanimation, un « incident technique », c’est ainsi que l’interne de service me l’a expliqué, a fait que Frédéric s’est retrouvé sans oxygène pendant X minutes. Il a donc été réanimé et c’est à partir de là qu’a commencé l’infirmité motrice d’origine cérébrale de Frédéric. Et à partir de ce moment, il n’a plus été question, pour les médecins de pratiquer l’opération qui aurait corrigé sa malformation cardiaque. Son état cérébral faisait qu’il était inopérable.
Nous l’avons eu longtemps avec nous, avec visites fréquentes chez tous les spécialistes nécessaires à son état et au nôtre, (cardiologues, psychologues, kinés, neurologues, etc.…) mais après la naissance de son frère Sébastien en Septembre 1977, nous avons été obligés de le placer dans un centre spécialisé pour les enfants atteints de différents problèmes de santé, pour les week-end.
Mon épouse, qui s’occupait pratiquement à temps plein de Frédéric, a eu des périodes très difficiles et a fait plusieurs dépressions nerveuses.
Avec le temps, plus Frédéric grandissait, plus son infirmité devenait évidente. Il n’a jamais marché, jamais parlé, il n’a jamais été maître de ses mouvements. Il fallait le faire manger, boire, le stimuler….
Mais Frédéric savait très bien exprimer tous les sentiments, la joie, la tristesse, la colère, etc.…et il aimait une chose par-dessus-tout : la musique. Cà le ravissait. Il aimait aussi qu’on lui raconte des histoires, regarder la télévision et bien d’autres choses.
Je ne peux pas tout vous raconter, car lorsque je me replonge dans ce temps, même aujourd’hui ça me remue. J’ai déjà essayé de raconter son histoire, d’en donner une idée à beaucoup de gens, des médecins, des membres de nos familles, de nos amis, mais j’ai toujours l’impression que je ne pourrais jamais faire comprendre ce que cette vie a été pour nous qui vivions le plus près possible de lui, et qui n’avons fait que ce que nous avons pu. Toujours est-il que plus il grandissait, plus il s’affaiblissait, plus il attrapait les différents virus, les différents microbes. A la fin de sa vie, il était pratiquement sous antibiotiques en permanence. Et c’est après plusieurs épisodes de fibrillation cardiaques que Frédéric est parti.
Il repose au cimetière de Bourgoin-Jallieu.
3 noviembre, 2010 - 21:13
Merci d’avoir partagé votre histoire très émouvante avec nous.
Je vous écris sur votre boite mail.
Bisous à tous
Maryline
3 septiembre, 2011 - 14:12
Bonjour,
Je suis le fils de Robert FORET et le frère de Frédéric FORET.
J’ai l’immense douleur de vous faire part du décès de mon papa le 26 août dernier à Pierre Bénite (Rhône). Il avait 63 ans.
Il avait été l’auteur en novembre 2010 de ce récit poignant que je viens de retrouver par hasard en faisant des recherches.
Il est mort des suites de ce que l’on appelle une “fausse route”. Il était à la clinique de Champvert à Lyon 5ème pour une dépression sévère, il avait petit à petit perdu goût à la vie, même son petit fils Julien âgé de 9 mois aujourd’hui n’éveillait presque plus aucun intérêt pour lui. Il n’a jamais accepté ce qui s’est passé et encore moins fait le deuil de son fils Frédéric, le pouvait-il d’ailleurs ?
Lui qui avait déjà perdu son père à l’âge de 14 ans (suicide) et sa sœur dans les mêmes circonstances n’a jamais pu se projeter dans l’avenir, trop marqué qu’il était par le passé.
Il a été enterré le mardi 30 août à Bourgoin Jallieu avec son fils Frédéric, telle était sa volonté.
Repose en paix Papa
Le Fils de Robert Antoine FORET